
Giacomo Casanova : l’homme à femmes original d’Italie
La légende de Giacomo Casanova était grande à son époque et n’a fait que croître au cours des deux cents dernières années. Une simple mention de Casanova évoque des images d’aventure, d’intrigue et bien sûr de séduction. Même un film hollywoodien récent (avec le regretté Heath Ledger) qui rendait peu justice à sa vraie vie ne pouvait pas ternir la légende de Casanova. Intelligent, charmant et rusé, Casanova pouvait survivre grâce à son esprit ou à son argent (quand il en avait) avec un égal succès. Les belles femmes d’Europe étaient à sa merci pour plus d’une raison et les hommes convoitaient sa connaissance secrète de l’occultisme et de l’alchimie.
À la fin de sa vie, un Casanova amer et brisé documentera ses expériences monumentales dans une énorme autobiographie en douze volumes intitulée L’histoire de ma vie. Le travail, qui a occupé les dernières années de Casanova, place la barre haute pour tout coureur de jupons en herbe. Ce récit véridique d’aventures, d’intrigues, de trahisons et de sexe sauvage ferait rougir d’inexpérience le héros de n’importe quel roman d’amour trash.
Sommaire
Ses conquêtes sexuelles
Casanova détaille les femmes de sa vie et ce qui aurait pu être plus de deux cents conquêtes sexuelles. Ses souvenirs sont interposés avec une quantité notable de dialogues, qui peuvent avoir été au moins en partie fabriqués. Cependant, en ce qui concerne les femmes dans la vie de Casanova, il faut commencer par sa relation tendue avec sa mère.
Voici une vidéo relatant l’histoire de ce personnage :
L’attitude impitoyable de Zanetta Casanova et l’abandon ultérieur de son fils premier-né feront de Giacomo Casanova l’homme qu’il allait devenir. Zanetta Casanova correspondait certainement au stéréotype de son époque d’actrice promiscuité et, comme son célèbre fils, elle a voyagé à travers l’Europe et a eu des amants et des admirateurs de Venise à Londres. Au moment où Casanova a perdu sa virginité dans un ménage à trois avec deux jeunes femmes nobles vénitiennes, il était en bonne voie vers une vie d’aventures sexuelles.
Ses affaires les plus célèbres
La liaison de Casanova avec Donna Lucrezia était l’un de ses plus torrides et commença assez innocemment une promenade en calèche jusqu’à Rome. Son mari était beaucoup trop confiant envers le jeune apprenti prêtre et ne remarqua pas les avances que Casanova faisait pendant le voyage et les excursions ultérieures avec la famille. Le mari cocu était également inconscient de la façon dont Donna Lucrezia répondait à Casanova et semblait ignorer le temps que les deux passaient seuls ensemble.
Dans un conte vantard, Casanova raconte s’être faufilé dans le lit avec Donna Lucrezia et sa sœur vierge et après avoir fait l’amour quatre fois avec Lucrezia, il a tourné son attention vers Angelica, 17 ans, quelques semaines avant son mariage. L’histoire est-elle vraie ? Impossible à dire à ce stade, surtout compte tenu du mépris d’Angelica pour Casanova, mais ce sont ces histoires qui ont fait de Casanova une légende.
Sur les traces de Casanova à Venise
Pour le voyageur curieux, Venise conserve de nombreux lieux directement liés à la vie de Giacomo Casanova (1725-1798). Né Calle della Commedia (aujourd’hui Calle Malipiero, dans le sestier San Marco), il grandit dans le milieu du théâtre vénitien. La maison natale n’est pas ouverte au public, mais la plaque commémorative est visible depuis la rue.
L’épisode le plus célèbre de sa vie vénitienne reste son emprisonnement aux Piombi — les célèbres Plombs du Palais des Doges — et son évasion spectaculaire en 1756, la seule évasion réussie de cette prison réputée imprenable. Le Palazzo Ducale (entrée 25 €, ou inclus dans le Museum Pass à 35 €) propose une visite guidée spéciale des Piombi qui retrace l’évasion de Casanova — réservez sur palazzoducale.visitmuve.it car les places sont limitées à 20 personnes.
Casanova en Europe : autres lieux à visiter
- Château de Dux (Duchcov), République tchèque : Casanova passa les 13 dernières années de sa vie dans ce château de Bohème, employé comme bibliothécaire du comte de Waldstein. C’est là qu’il rédigea ses mémoires. Le château est visitable (8 €), avec une salle dédiée à Casanova et certains de ses manuscrits originaux
- Bibliothèque nationale de France, Paris : le manuscrit original de l’Histoire de ma vie (3 700 pages) a été acquis par la BnF en 2010 pour 7 millions d’euros — il est consultable sur gallica.bnf.fr en version numérisée
- Casino di Venezia : Casanova fréquentait assidûment le Ridotto, premier casino public d’Europe (fondé 1638). L’actuel Casino di Venezia (Palazzo Vendramin Calergi, Canal Grande) perpétue cette tradition — entrée libre mais mise minimale obligatoire ; tenue correcte exigée
Casanova et la cuisine vénitienne : les cicchetti comme lui les connaissait
Casanova était un épicurien revendiqué — ses mémoires regorgent de descriptions de repas et de vins. La cuisine vénitienne qu’il connaissait survit dans les bacari (bars à vins traditionnels) du quartier de Cannaregio et de Rialto. Le cicchetto — petite bouchée sur pain ou en brochette — coûte 1,50 à 3 € pièce. Les incontournables : le baccalà mantecato (morue crémeuse sur polenta grillée), le fegato alla veneziana (foie de veau aux oignons), le sarde in saor (sardines marinées à l’aigre-doux, recette médiévale). Le vin Spritz Aperol n’existait pas du temps de Casanova — il buvait plutôt du Prosecco (région de Conegliano-Valdobbiadene, à 80 km de Venise) ou de la Malvoisie, vin doux importé de Grèce très prisé au XVIIIe siècle.
