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Les lieux méconnus de Rome : une visite insolite de la ville éternelle

Rome est l’une des plus belles villes d’Italie et une destination incontournable pour les amateurs d’histoire, d’art et de culture. Mais si vous visitez Rome et que vous vous contentez de voir les sites les plus célèbres, comme le Colisée, la fontaine de Trevi ou la basilique Saint-Pierre, vous passez à côté de beaucoup de choses.

Rome regorge en effet de lieux méconnus, insolites et surprenants, qui vous feront découvrir une autre facette de la ville éternelle.

Quartiere Coppedè : un quartier féerique

Le quartier Coppedè est l’un de mes coups de cœur à Rome. Il s’agit d’un ensemble architectural unique, situé entre la via Salaria et la via Nomentana, qui mélange les styles Art nouveau, baroque, médiéval et oriental. Le quartier doit son nom à l’architecte florentin Gino Coppedè, qui en conçut les plans entre 1913 et 1926.

Voici une vidéo montrant ce quartier :

Le quartier Coppedè se compose de 26 immeubles et 17 villas, ornés de fresques, de sculptures, de colonnes et d’arches. L’entrée du quartier se fait par un grand arc décoré d’une énorme araignée, symbole de la malédiction qui pèserait sur le lieu. Au centre du quartier se trouve la piazza Mincio, dominée par la fontaine des Grenouilles et par le palais du Château, inspiré du château de la Belle au bois dormant.

Torre Argentina : le sanctuaire des chats

La Torre Argentina est un site archéologique situé au cœur de Rome, où se trouvent les vestiges de quatre temples romains datant du IIIe siècle av. J.-C. C’est aussi le lieu où Jules César fut assassiné en 44 av. J.-C., selon la tradition. Mais ce qui rend ce site vraiment spécial, c’est la présence de centaines de chats qui y ont élu domicile.

Depuis les années 1990, une association de bénévoles s’occupe de nourrir, soigner et stériliser ces félins, qui sont devenus une attraction touristique à part entière. Vous pouvez les observer depuis le trottoir ou visiter le refuge souterrain où ils sont hébergés.

Galleria Sciarra : une cour cachée

La Galleria Sciarra est un joyau caché de Rome, situé à deux pas de la fontaine de Trevi. Il s’agit d’une cour intérieure couverte par une verrière, qui fait partie d’un ancien palais construit à la fin du XIXe siècle.

La cour est entièrement décorée de fresques en trompe-l’œil, réalisées par Giuseppe Cellini, qui représentent des scènes allégoriques sur le thème de la femme et des vertus féminines. Les couleurs pastel et les motifs floraux créent une atmosphère féerique et romantique, qui contraste avec le bruit et l’agitation de la ville.

La clé du trou : une vue secrète

L’une des vues les plus spectaculaires de Rome se cache derrière une petite serrure, située sur l’Aventin, l’une des sept collines de la ville. Il s’agit de la serrure du prieuré des chevaliers de Malte, un ordre militaire et religieux qui possède un statut d’extraterritorialité. Si vous regardez à travers le trou de la serrure, vous verrez un alignement parfait entre le jardin du prieuré, une allée bordée d’arbres et la coupole de Saint-Pierre au loin. Un effet optique saisissant, qui vaut le détour.

5 lieux romains que meme les guides ne mentionnent pas

  • Aventino : le trou de serrure des Chevaliers de Malte : Via di Santa Sabina 17. En passant l’oeil dans la serrure d’une porte verte, vous apercevez un long couloir de verdure al bout duquel se dresse la coupole de Saint-Pierre, parfaitement centree. File d’attente rarement plus de 10 personnes. Acces libre. Adjacent, les Jardins des Orangers (Giardino degli Aranci) offrent la vue la plus belle sur Rome depuis une colline — mois frequentee que le Pincio.
  • Palazzo Spada et la galerie trompee : Piazza Capo di Ferro 13. Le Palazzo Spada abrite une perspective trompe-l’oeil de Borromini (1653) : une colonnade qui semble mesurer 37 m mais n’en fait que 9, avec une statue a l’extremite qui parait grande mais mesure 60 cm. Entree : 5 €. Galerie de peintures incluse.
  • Le Caravage hors musees : 7 eglises gratuites de Rome conservent des Caravage en conditions originales. Sant’Agostino (Madone des Pelerins), Santa Maria del Popolo (deux toiles), San Luigi dei Francesi (cycle de Saint Matthieu) — dans l’obscurite partielle, vous inserez 1 € pour allumer les tableaux 1-2 minutes. Atmosphere unique impossible a reproduire en musee.
  • Les marchés du dimanche matin : Porta Portese (Trastevere, 6h-14h, 500 etals) est le plus connu. Moins connu : la Via Sannio (San Giovanni, samedi matin) pour les vetements vintage a prix locaux. Le Mercato Borghese (Prati, dimanche) pour antiquites et curiosites.
  • Centrale Montemartini (Via Ostiense 106, metro B Garbatella) : musee improbable installe dans une ancienne centrale electrique des annees 1930 — les machines industrielles monumentales cohabitent avec des statues romaines antiques. Tarif : 10 €, presque jamais surfrequente. Ouvert mardi-dimanche.

Le metro romain et les alternatives

Rome a un metro limite (2 lignes : A et B, croisement a Termini) mais tres utile pour les longues distances. Ticket unitaire : 1,50 € (valable 100 min, correspondances incluses), carnet 24h : 7 €, 48h : 12,50 €, 72h : 18 €. Les bus de surface couvrent ce que le metro ne dessert pas — les lignes 40, 64 et 916 sont les plus utiles pour le centre historique. Le tram 8 relie Trastevere au quartier juif et au Campo de’Fiori. Attention aux pickpockets dans les transports bondés (lignes A aux heures de pointe, bus 64 dit « bus des pickpockets » pour les touristes) : gardez sac devant vous et portefeuille en poche avant. Alternativement, Rome se marche facilement — du Colisee a la Fontaine de Trevi : 25 min a pied.

Manger local a Rome : eviter les pieges touristiques

La regle de base : tout restaurant avec menu en photos plastifiees, serveur agressif sur le trottoir et « special pasta » pour touristes est a fuir. A Rome, les trattorie authentiques n’ont generalement pas d’enseigne lumineuse et sont rarement sur les places principales. Quartiers ou manger bien sans se ruiner :

  • Testaccio : quartier populaire historique des bouchers, specialites tripes (trippa alla romana), coda alla vaccinara. Mercato Testaccio couvert (produits locaux, streetfood, 8h-14h sauf dimanche). Repas complet 12-18 €.
  • Prati (pres du Vatican) : quartier residentiel, bonnes pizzerias au feu de bois, trattorie sans coperto touristique. Via Cola di Rienzo pour l’epicerie fine romaine.
  • Ostiense/Garbatella : les quartiers populaires au-dela du Tibre, ou les Romains vivent vraiment. Cuisine de tradition, prix 30-40 % inferieurs au centre historique.

Indispensable : la pizza al taglio (a la coupe, vendue au poids, 2-4 €/portion) et la supplì (croquette de riz au ragu et mozzarella, 1,50-2 €) sont les meilleures collations romaines en mouvement.

Livia L.

Passionnée d'Italie depuis plus de 15 ans, Livia L. partage son expertise de voyageuse et de résidente italienne à travers des guides de voyage approfondis. Ayant vécu à Rome, Florence et Milan, elle connaît la péninsule dans ses moindres recoins — des ruelles cachées de Naples aux sentiers des Dolomites. Ses articles combinent expériences personnelles, recherches culturelles et conseils pratiques pour aider les voyageurs francophones à découvrir l'Italie authentique.

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