Tourisme / Pratique

5 villages de pêcheurs ligures loin des foules (2026)

Portofino affiche complet dès le mois de mai. Les Cinque Terre imposent désormais des billets d’entrée, des créneaux horaires et des barrières pour gérer les flux. Si vous cherchez la Ligurie d’avant — celle des barques peintes tirées sur le sable, des filets qui sèchent sur les balcons et des trattorias sans menu traduit en anglais — elle existe encore. Il faut juste savoir où regarder.

Réponse directe : Entre Portofino et les Cinque Terre, plusieurs petits villages de la côte ligure restent authentiques et peu fréquentés en 2026 : Camogli, San Fruttuoso, Framura, Bonassola et Tellaro. Ces alternatives à Portofino concentrent maisons colorées, plages discrètes et accès limité aux voitures — la recette qui tient les cars de touristes à l’écart.

Pourquoi la côte entre Portofino et Cinque Terre reste-t-elle encore préservée ?

La géographie est votre alliée. Le littoral ligure est taillé dans la roche vive : les routes sont étroites, sinueuses, souvent impraticables pour les autocars. Plusieurs villages ne sont accessibles qu’à pied ou par bateau. Ce filtre naturel a maintenu à l’écart la vague de surtourisme qui a déferlé sur les destinations voisines.

Ajoutez à cela une desserte ferroviaire régionale efficace mais discrète — la ligne Gênes-La Spezia longe la côte et dessert des haltes minuscules ignorées des guides grand public — et vous obtenez une série de villages ligures hors sentiers battus à portée de train, mais à des années-lumière de l’ambiance des Cinque Terre en août.

Dernier point de vigilance : « hors des foules » ne signifie pas « désert en toute saison ». Camogli, par exemple, peut se remplir le week-end en juillet. Le secret, c’est de viser les jours de semaine, les mois de mai, juin ou septembre, et d’éviter les week-ends de ponts italiens.

Les 5 villages à ne pas rater

1. Camogli : la carte postale que Portofino voudrait être

À une vingtaine de kilomètres à l’est de Gênes, Camogli est le village de pêcheurs ligure authentique par excellence. Ses façades ocre et rouge brique s’empilent jusqu’à sept étages au-dessus d’une plage de galets noirs, avec un effet trompe-l’œil saisissant : les fenêtres peintes en toc-l’œil font partie du patrimoine architectural local.

La ville a longtemps vécu de la pêche hauturière — au XIXe siècle, sa flotte était l’une des plus importantes de Méditerranée. Cette histoire se lit encore dans le tissu du village : la Sagra del Pesce, fête annuelle en mai où l’on fait frire des poissons dans une poêle géante de plusieurs mètres de diamètre, n’est pas un spectacle pour touristes, c’est une tradition centenaire.

  • Accès : train régional depuis Gênes (environ 30 min), pas de voiture nécessaire.
  • À faire : balade sur le front de mer au lever du soleil, visite de la basilique Santa Maria Assunta, bateau vers San Fruttuoso.
  • Point de vigilance : les week-ends d’été, le petit centre se sature. Privilégiez un départ en semaine ou en basse saison.

2. San Fruttuoso : l’abbaye oubliée entre deux rochers

Pas de route. Pas de parking. Pas de bruit de moteur. San Fruttuoso ne s’atteint qu’à pied (sentier depuis Camogli ou Portofino, comptez 1h30 à 2h selon le sens) ou par les navettes en bateau au départ de Camogli, Rapallo ou Santa Margherita Ligure.

Ce que l’on trouve au bout du chemin : une abbaye bénédictine du Xe siècle posée directement sur la grève, une crique d’eau translucide et, à 17 mètres de fond, le Cristo degli Abissi — une statue du Christ inaugurée en 1954, dédiée aux marins disparus en mer. C’est l’un des sites de plongée les plus photographiés d’Italie.

Le site est géré par le FAI (Fondo Ambiente Italiano) et l’entrée de l’abbaye est payante (de l’ordre de quelques euros). La plage est publique. En dehors de juillet-août, vous pouvez y passer deux heures sans vous sentir à l’étroit.

3. Framura : cinq hameaux, zéro foule

Framura est techniquement une commune, mais c’est surtout un archipel de cinq hameaux perchés (Anzo, Castagnola, Costa, Ravecca, Setta) reliés par une ancienne voie ferrée reconvertie en piste cyclable et piétonne. En 2026, cet itinéraire reste l’un des secrets les mieux gardés de la côte ligure.

L’accès à la mer se fait par des escaliers taillés dans la roche. Les criques sont minuscules — quelques dizaines de mètres au plus — et les locaux les défendent jalousement. On n’y trouve pas de parasols à louer, pas de bar en bord de plage : juste des rochers plats, une eau d’un bleu profond et la montagne dans le dos.

  • Accès : gare de Framura sur la ligne Gênes-La Spezia, souvent ignorée même des voyageurs expérimentés.
  • À faire : parcourir la piste de l’ancienne voie ferrée entre les hameaux (environ 5 km), pique-niquer sur les rochers.
  • À savoir : l’hébergement est rare et les quelques chambres d’hôtes se réservent des mois à l’avance en saison.

4. Bonassola : la plage de sable que tout le monde cherche en Ligurie

En Ligurie, les plages de sable fin sont une denrée rare — la plupart des rivages sont de galets. Bonassola fait figure d’exception avec son arc de sable clair bien réel, niché dans une baie orientée plein sud. Le village lui-même est modeste : une église, quelques ruelles, une poignée de restaurants de poisson.

Ce qui protège Bonassola de la surfréquentation, c’est son absence dans les circuits organisés et une capacité d’accueil volontairement limitée. La commune a fait le choix de ne pas développer le tourisme de masse — un choix qui se ressent à chaque coin de rue.

Bonassola est à cinq minutes de train de Levanto, la porte d’entrée des Cinque Terre côté nord. Si vous séjournez à Levanto pour visiter Vernazza ou Monterosso, faites le détour : c’est littéralement la prochaine gare.

5. Tellaro : le village le plus secret du golfe de La Spezia

Tellaro clôt cette liste sur une note presque intime. Accroché à une falaise au-dessus du golfe de La Spezia, à quelques kilomètres de Lerici, ce hameau de quelques centaines d’habitants est l’un des rares villages de pêcheurs de Ligurie sans touristes — ou presque — accessible en voiture.

La légende locale raconte qu’une pieuvre géante aurait sonné les cloches de l’église pour prévenir les habitants d’une attaque de pirates sarrasins. Légende ou pas, l’église de San Giorgio perchée sur le promontoire vaut le déplacement pour le panorama seul.

Le village n’a pas de plage au sens strict, mais des plateformes rocheuses accessibles par escalier permettent de se baigner dans une eau propre et calme. Les restaurants qui longent la ruelle principale servent une cuisine de pêche sans chichi : muscoli ripieni (moules farcies, spécialité du golfe), trofie al pesto, poisson du jour grillé.

  • Accès : voiture depuis Lerici (environ 5 km), ou navette en saison.
  • Meilleur moment : fin septembre, début octobre — la lumière est dorée, la mer encore chaude, les terrasses presque vides.

Comment organiser un itinéraire cohérent sur cette portion de côte ?

Ces cinq villages s’inscrivent dans un arc de littoral d’environ 80 kilomètres entre Camogli (au nord-est de Gênes) et Tellaro (au sud-est, juste avant La Spezia). L’erreur classique est de vouloir tout voir en deux jours : les distances sur la carte paraissent courtes, mais les routes de montagne et les correspondances de train rallongent les trajets.

Une organisation réaliste pour une semaine :

  • Jours 1-2 : Base à Camogli — journée à San Fruttuoso en bateau, soirée à Camogli.
  • Jours 3-4 : Train jusqu’à Framura — deux nuits pour explorer les hameaux à pied.
  • Jour 5 : Bonassola (5 min de train depuis Framura) — plage le matin, déjeuner sur place.
  • Jours 6-7 : Tellaro via Lerici — deux nuits pour finir en douceur au bord du golfe.

Le train régional Trenitalia couvre la majorité des liaisons. Achetez vos billets sur le moment ou via l’appli Trenitalia — les trajets courts sont peu chers (de l’ordre de 2 à 5 € en moyenne selon le tronçon) et les trains assez fréquents en semaine. Évitez la voiture sur ce tronçon : le stationnement est cauchemardesque dans la plupart de ces villages en saison.

Ce que ces villages ont en commun — et pourquoi c’est important

Aucun de ces cinq endroits ne cherche à séduire le touriste de passage. C’est précisément ce qui les rend précieux. Pas de boutiques à souvenirs industriels, peu d’hôtels standardisés, une restauration qui tient encore aux produits du territoire : pesto maison, poisson local, vins de Cinque Terre ou du Golfo dei Poeti.

En 2026, alors que Vernazza impose des quotas journaliers et que Portofino limite l’accès à certaines heures, ces alternatives moins touristiques offrent ce que la Ligurie a toujours été : une côte escarpée, baroque dans ses couleurs, discrète dans ses habitudes. Le genre d’endroit où le patron du bar vous sert un Campari Soda en vous racontant la météo de demain. Ce n’est pas de l’authenticité fabriquée — c’est juste ce qu’il reste quand le marketing n’a pas encore passé la porte.

FAQ : villages ligures hors sentiers battus

Quelle est la meilleure période pour visiter ces villages sans foule ?

Mai, juin et septembre sont les fenêtres idéales : la mer est accessible, les températures agréables (entre 20 et 28 °C en journée en moyenne) et la fréquentation nettement inférieure à celle de juillet-août. Juillet et août restent fréquentables en semaine, mais les week-ends peuvent être chargés, surtout à Camogli et Bonassola.

Ces villages sont-ils accessibles sans voiture ?

Oui, et c’est même recommandé. La ligne ferroviaire Gênes-La Spezia dessert Camogli, Framura, Bonassola et Levanto (point de départ pour Tellaro via Lerici). San Fruttuoso est accessible uniquement en bateau ou à pied. La voiture n’apporte aucun avantage et complique le stationnement.

Peut-on séjourner dans ces villages, ou faut-il une base ailleurs ?

Camogli et Lerici (à proximité de Tellaro) offrent le choix d’hébergements le plus large. Framura et Bonassola ont quelques chambres d’hôtes, mais les places sont limitées — réservez plusieurs mois à l’avance si vous visez juillet ou août. San Fruttuoso n’a pas d’hébergement sur place.

Ces villages sont-ils vraiment moins touristiques que les Cinque Terre ?

En dehors des week-ends de haute saison, oui, nettement. Les Cinque Terre accueillent plusieurs millions de visiteurs par an sur cinq villages qui totalisent environ 4 000 habitants. Framura, Bonassola ou Tellaro reçoivent une fraction de ce flux, avec une infrastructure touristique volontairement réduite. La comparaison est sans appel.

Cet article a été rédigé avec l'assistance d'outils d'intelligence artificielle, puis vérifié et validé par notre équipe.

Équipe éditoriale de Teva Italie

Teva Italie propose des articles vérifiés et régulièrement mis à jour par sa rédaction.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *